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Mission

Vision du comité

La mission de la CPEG est d’assurer le personnel de l’Etat de Genève ainsi que des autres employeurs affiliés contre les conséquences économiques de la retraite, de l’invalidité et du décès.
Partant de la situation actuelle de la Caisse, de son environnement juridique, politique et économique, le comité a posé les constats suivants :

Depuis sa création en 2014, la Caisse présente deux faiblesses structurelles majeures :
• une proportion élevée d’engagements envers ses rentiers, réduisant la capacité des assurés actifs à supporter d’éventuelles mesures nécessaires au rétablissement de l’équilibre financier ;
• un degré de couverture inférieur à la moyenne des Caisses en capitalisation partielle et la contrainte de devoir suivre un chemin de recapitalisation progressif inscrit dans la législation cantonale et qui ne tient pas compte de l’abaissement du taux technique.

Dans le contexte actuel de taux d’intérêt bas, les Caisses de prévoyance tendent à abaisser leur taux techniques en suivant les recommandations de la Chambre Suisse des Experts en Caisses de Pensions.
La Caisse a abaissé une première fois son taux de3.5% à 3% en 2014, de 3% à 2,5% en 2016, puis une troisième fois de 2.5% à 2.25% en 2018 suivant les recommandations de son expert. A plus ou moins brève échéance, il est possible que la Caisse soit contrainte d’abaisser son taux technique à 2%.
La baisse de ce taux alourdit le poids des engagements envers les assurés et péjore le degré de couverture de la Caisse (une baisse 0.25 point de pourcent augmente les engagements d’environ 800 millions). Les mesures structurelles prises pour compenser les effets à long terme de la baisse du taux technique nécessitent un délai d’une dizaine d’année pour déployer tous leurs effets sur son degré de couverture. Dans l’intervalle, la Caisse est exposée à un risque de déséquilibre financier annuel au gré des performances des marchés financiers. Le comité a alors l’obligation de prendre des mesures d’assainissement en complément des mesures structurelles déjà prises.
Avec le plan de financement actuel, cette situation a pour conséquence de faire supporter aux assurés actifs tout le poids des mesures nécessaires pour respecter les contraintes légales en matière de taux de couverture à atteindre (suivi du chemin de croissance et capitalisation à 80%).

La faiblesse des taux d’intérêt péjore également les performances financières de la Caisse, la rendant très dépendante de l’évolution des marchés actions. Or, les actions sont volatiles et constituent tant des opportunités de rendement à long terme que des risques de perte à court terme (crises financières).
Le plan de financement et les contraintes liées au respect du chemin de croissance de la Caisse présuppose une attente de performance qui la contraint à prendre des risques dans ses placements et à s’exposer aux marchés actions. Néanmoins, la Caisse ne dispose pas de réserves suffisantes pour faire face à une chute des actions à court/moyen terme sans devoir prendre des mesures d’assainissement.
De manière générale, les incertitudes actuelles sur l’évolution des marchés financiers (itération d’une nouvelle crise financière, performances atones, etc.) sont de nature à peser sur la capacité de la Caisse à respecter son plan de financement et son chemin de croissance.

Le vieillissement de la population avec notamment l’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomers et une évolution plus rapide du nombre de retraités par rapport aux personnes en âge de travailler représente un défi important pour le système de prévoyance suisse. Ce phénomène est accentué par l’allongement de la durée de vie, qui a pour effet de servir des rentes sur une plus grande période, ainsi qu’une augmentation des engagements pour les Caisses de pension.
La CPEG est une Caisse mature avec une très forte proportion de pensionnés, ce qui renforce l’impact de ces évolutions et l’importance d’un financement supplémentaire pour y faire face.

Selon la brochure d’information de l’Office fédéral des assurances sociales sur la réforme Prévoyance vieillesse 2020, « il faut que la prévoyance vieillesse tienne compte de l’évolution de la société » . En effet, le système actuel défavorise les personnes qui travaillent à temps partiel (de plus en plus utilisé pour concilier vies professionnelle et privée), auprès de plusieurs employeurs ainsi que les bas salaires. En outre, il touche plus particulièrement les femmes qui sont surreprésentées dans ces catégories.
Cette situation doit être traitée au niveau national et ne peut être réglée par la Caisse seule. Celle-ci doit néanmoins tenir compte de cet état de fait et améliorer au mieux les conditions économiques des assurés concernés.

La Caisse est issue de la fusion de deux Caisses (la CIA et la CEH) aux modes de fonctionnement historiques différents. Force est de constater que les modes opératoires actuels et les principaux processus de travail peuvent encore être optimisés.
Dans un contexte incertain et complexe, les décisions de gestion doivent pouvoir s’appuyer sur des outils performants et des processus maîtrisés. Il appartient au comité de soutenir l’administration de la Caisse dans la recherche de la performance organisationnelle nécessaire pour faire face aux enjeux décrits précédemment.

Objectifs stratégiques du comité pour les années 2018 à 2021

Au-delà des tâches et décisions opérationnelles relevant de sa compétence, pour la législature 2018 à 2021, le comité concentre son action sur les enjeux stratégiques de la Caisse.
Dans son action, il tient compte de l’environnement particulier dans lequel la Caisse évolue (cadre légal, rôle du Parlement, attentes des partenaires sociaux, exigence de l’autorité de surveillance, attentes des assurés). Il favorise des échanges réguliers avec les principales parties prenantes de la Caisse que sont les employeurs (Etat et autres employeurs affiliés) et les employés (représenté par l’assemblée des délégués) ainsi que ses autres interlocuteurs (expert, autorité de surveillance et Etat garant) en vue de défendre au mieux les intérêts des assurés.
Le comité a adopté les objectifs stratégiques suivants pour la législature 2018 à 2021 :

Un financement adapté permettrait de remédier aux faiblesses structurelles de la Caisse. Dans ce cadre, le comité réalise les études nécessaires en vue de proposer différents projets visant à garantir une capitalisation de la Caisse à 80% afin d’atteindre les objectifs de degré de couverture fixés par la LPP.

L’équilibre financier de la Caisse est précaire depuis l’abaissement du taux technique à 2,5%. Par ailleurs, le comité est dans l’impossibilité d’agir sur son financement et doit garantir une rémunération de tous ses engagements à concurrence du taux technique (contrainte inhérente à un plan à primauté des prestations).
Dans ces conditions, le comité assure l’équilibre financier de la Caisse en limitant autant que possible les baisses de prestations de ses futurs pensionnés.

Les engagements de la Caisse sont calculés selon des paramètres techniques qui évoluent de plus en plus rapidement (pression à la baisse du taux technique, prise en compte de l’allongement de la durée de vie, etc.). La mise à jour de ces paramètres peut avoir des conséquences importantes sur l’équilibre financier de la Caisse et induire des baisses de prestations.
Pour anticiper les effets de ces paramètres, le comité réalise des études en fonction de leur évolution probable. La Caisse intègre les résultats de ces études dans des outils d’aide à la décision.

Le comité optimise la performance de la Caisse, d’une part, en tenant compte de sa capacité de risque et, d’autre part, en s’inscrivant dans la perspective du développement durable, notamment en regard de l’Accord de Paris sur le climat, et des investissements responsables.
En cas de crise, le comité veille à limiter autant que possible les pertes sur les marchés financiers par la mise en place d’un processus d’alerte reposant sur les compétences internes de la Caisse.

Le comité fixe des objectifs de performance organisationnelle à l’administration de la Caisse et en suit régulièrement les résultats. En particulier, la Caisse continue à optimiser sa structure et ses processus suite à la fusion effectuée entre la CIA et la CEH (meilleure utilisation des ressources à disposition, revue du système de contrôle interne et de gestion des risques, regroupement du personnel sur un site unique pour en améliorer l’efficience, et atteinte d’un délai de réponse aux parties prenantes raisonnable).
Le comité est en veille sur les impacts de la digitalisation dans le domaine de la prévoyance professionnelle et attend de la Caisse un plan de numérisation de ses principaux processus opérationnels internes et externes. Le plan devra prendre en compte les nouvelles tendances en matière de gestion des données de référence et être adaptable aux nouvelles contraintes légales en matière de la gestion de l’information (mise à jour de la LPD). Il s’assure également de la mise en place d’un plan de continuité des affaires pour les activités critiques (paiement des rentes, gestion de fortune internalisée).
Le comité s’assure qu’une réflexion est entreprise sur l’évolution des métiers en lien avec la gestion moderne d’une Caisse de prévoyance professionnelle et son impact sur les profils de compétence et le recrutement des futurs talents. Plus particulièrement, la Caisse développe l’expertise du pôle actuariel afin de gagner en autonomie par rapport à l’expert agréé en matière de prévoyance professionnelle.

Le regroupement d’institutions de prévoyance présente de nombreux avantages, tant sur la qualité des prestations délivrées (gestion de la prévoyance centralisée permettant de profiter des compétences d’une institution de taille importante) que sur la baisse des coûts qu’il permet de réaliser grâce aux économies d’échelle possibles.
En accord avec les buts décrits dans la LCPEG (art. 4), le comité incite la Caisse à développer son activité de gestion d’autres institutions de prévoyance pour partager ses compétences, réduire les coûts de gestion pour les assurés et contribuer à la consolidation du système de prévoyance suisse.